Celui là va sans doute m’apporter les foudres de certains. En même temps, July qui parle et moi qui répond rien à redire, c’est suffisamment rare. Vu dans Libé donc, grâce à Dorothée, si mes souvenirs sont exactes…

Ce sont des cris de douleur, de peur, d’angoisse et de colère que l’électorat de gauche a poussés dans les urnes, à l’occasion du référendum, face à la course folle du monde et face à l’incurie des hommes qui nous dirigent depuis plus de deux décennies. Comme en pareil cas, il fallait des leaders d’occasion qui nourrissent ce désarroi national. Les uns ont surenchéri dans la maladresse, les autres dans les mensonges éhontés. A l’arrivée, un désastre général et une épidémie de populisme qui emportent tout sur leur passage, la construction européenne, l’élargissement, les élites, la régulation du libéralisme, le réformisme, l’internationalisme, même la générosité.

Tous les référendums emboîtés les uns dans les autres ont été perdus par l’Europe. Référendum sur l’élargissement. Entre le spectre turc qui désignait sans ambages les musulmans, et le malheureux plombier polonais, les étrangers ont été invités à rester chez eux. Que Le Pen soit xénophobe, c’est son fonds de commerce, mais que des dirigeants de gauche fassent campagne sur ce terrain, on croyait cette xénophobie- là impensable…

Référendum sur les élites. Les élites gouvernementales, les élites bruxelloises, les médias sans exception, et tous ceux qui plaidaient pour un système de décision autorisant l’émergence d’une Europe politique : ce sont tous des partisans de la France d’en haut, que la France d’en bas entend évidemment corriger, sinon raccourcir. La France d’en haut et la France d’en bas, c’est le duo bien connu de toutes les périodes populistes.

Référendum sur le libéralisme. Que des dirigeants de gauche, et à peu près toute la classe politique, aient accepté de délayer à longueur d’argumentaires les tracts d’Attac, à la manière de François Mitterrand plaidant pour la rupture avec le capitalisme dans les années 70, on est en plein délire, plus de trente ans après et après les succès que l’on sait. Cette année, on ne parlait plus de capitalisme mais d’un mot qui s’en voulait le synonyme absolu : le libéralisme. Cette fois, il fallait se prononcer pour ou contre la concurrence, pour ou contre la mondialisation.

Référendum sur la France. La France existe puisqu’elle est capable toute seule de renverser la table européenne ! A genoux les Européens devant notre non! ( 4 ) Ce mensonge sur la renégociation à laquelle toute l’Europe devrait se prêter, il y a eu des responsables politiques pour le faire croire. Ou la France revotera ou l’Europe politique, c’est fini, parce que le risque au renoncement de l’ambition politique européenne est en plein essor.

Référendum sur le social. Le socialisme dans un seul pays est pour bientôt ! L’Europe est pourtant le seul espace social de la planète que la charte des droits sociaux devait renforcer. Foutaises ! A en croire certains, c’était en réalité le quartier général de l’ultralibéralisme, et il est démasqué. Il fallait pour faire ce chef-d’œuvre masochiste, outre les habituels souverainistes, une classe politique élevée par des autruches, portée aux mensonges depuis de nombreuses années, des incompétents notoires à la manœuvre dont un Président en exercice, et des cyniques en acier trempé dont un ancien Premier ministre socialiste.
Les Français savent d’expérience que notre pays va mal.

Malheureusement, il va encore plus mal ce matin
Serge July

Ou comment transcrire un ral-le-bol complet, entier et non retenu. Rien à redire. A si, j’aurais voulu l’écrire…

 

1 commentaire

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    Gravatars

    Jérôme,    

    No comment…

    Ah si je suis masochiste, comme superfrenchie : l’euro baisse. Tant mieux.

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  • Gravatars

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