Je viens de ré-écouter la conférence de presse de Florence Aubenas. Au dela du coté un peu burlesque de la manière qu’elle a de relater ses cinq derniers mois, l’histoire qui reste en suspens maintenant, et qui, quelquepart, donne un goût d’inachévé à tout çà, c’est l’affaire Marie-Jeanne Ion. L’affaire roumaine.

La façon dont Florence Aubenas et l’assemblée présente éludent le problème face aux 3 journalistes roumains et à leur questions me laisse un peu sur ma faim. Ce n’est pas vraiment le fait de refuser de confirmer ou d’infirmer la présence d’ M.-J. Ion et ses deux confrères avec elle en soit qui me dérange. Mais on a cette impression que la presse française, qui ricane lorsque le troisième roumain se présente, refuse en bloc de donner quelque crédit que ce soit à cette question. Et qui dit aucun crédit accordé par les médias, dit malheureusement une crainte légitime à avoir que la vérité sur ce point ne verra jamais le grand jour. Du coup, on se demande un peu si l’on apprendra quoique se soit sur les conditions de la libération, les conditions de l’enlévement ou celles des négociations qui ont eu lieu…

Alors bien sûr, la retenue de ne pas divulguer certaines détails selon un principe de précaution soutenu par l’argument d’un toujours-possible, est indégniable. Pourtant, cette volonté collective tacite de taire un partie des évenements m’ammène à me demander si, après tout, cela ne conduit pas, dans, par exemple, le cas Bétancourt, à un désintérêt généralisé, à terme, pour ce genre d’affaires. Je n’ai pas vu depuis longtemps, plus de quelques lignes dans la presse française, à propos des FARC et de leur otage. Des années plus tard donc, l’oubli semble, par manque d’information et de suivi relayé par la presse dès le départ, vouloir jeter son voile opaque sur les yeux du publique.

Du coup, je ne peux pas m’empécher de me demander si, contrairement à ce que l’ambassadeur français en Iraq laisse entendre, la ferveur populaire dans ce type d’affaire n’est pas finalement le moteur du mouvement en avant : avec un pays qui s’embrase pour Florence Aubenas, il aura fallu cinq mois. Et s’il reste évident que l’on ne connaitra pas les teneurs des négociations avant des années, on peut se demander si les services francais n’ont pas eu tendance à accélérer les choses sous la pression d’un peuple, résolument unanime pour soutenir la journaliste de Libération, que ce soit en payant un rançon ou pas.

 

2 commentaires

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  • 1
    Gravatars

    Jérôme,    

    Histoire très bizarre.
    Florence apparait très sympathique c’est sûr : j’ai écouté l’intégralité de sa conférence de presse et c’est un sacré récit (elle serait aux US je lui conseillerai de passer un deal avec une maison d’édtion pour en faire un bouquin, et puis pourquoi pas, un film…).

    Mais cette histoire des roumains est très très étrange, voire perturbante… Une langue de bois très bizarre pour une journaliste. J’espère qu’on en apprendra plus très vite.

  • 2
    Gravatars

    Arno,    

    Malheureusement, je n’y crois pas trop : il y a fort à parier que, comme dans l’affaire Bétancourt, on ne saura finalement pas grand chose de plus puisque, le temps aidant, le publique se désinteressera.

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  • Gravatars

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