
Un exemple de plus de ce qui ressemble à une fatalité qui empire de jour en jour. Hollywood n’est définitivement pas en phase avec la littérature de ce monde. War of the World, le dernier Spielberg, aurait pu être une de ces adaptations miracles.
Le bouquin de H.G. Wells est un véritable régal, une fable fantastique visionnaire, l’histoire d’une humanité persuadée de sa supériorité, et malgré tout quasi-anéantie par une invasion extra-terrestre ultra violente.
La morale y est géniale de simplicité : les méchants aliens détruisent et tuent à tour de bras, et l’Homme dans sa grande sagesse, pense pouvoir faire front en balançant tout ce qu’il a de plus bourrin lui aussi. Après à peine quelques jours, la défaite n’en est même plus une : c’est une pure annihilation de la race humaine qui s’approche. Et puis, c’est l’improbable conclusion (et il faudra lire le livre pour savoir, messieurs-dames) qui expose l’inutilité et le gachi de cette violence bi-partite a engendré.
Reste que, des tripodes extraterrestres étant une fabuleuse excuse pour jeter à la tronche du spectateur des effets spéciaux dans tous les sens, encore une fois, Hollywood et Spielberg passent à coté d’une réussite. C’est vide, sans entrain, sans histoire, se contentant de reprendre la quarantaine de pages de Wells se prétant le plus aux bonnes grosses explosions que le cinéma moderne affectionne tant. Sauf qu’ici, on est à des années lumières du génie de mise en scène d’un Tarantino dans le domaine. Et le résultat n’est même pas décessant. C’est juste pathétique.
Je commence à me demander si la Science Fiction au cinoche n’était pas en train de mourir vu la misère de ces dernières années.
Où sont donc passés les Blade Runner, de Philip Dick et de Ridley Scott, les 2001, l’Odyssée de l’espace, d’Arthur C. Clarke (The Sentinel) et de Kubrick, ou les Robots d’Asimov et de Alex Proyas (I, Robot en 2004). Si même des monstres sacrés comme Spielberg nous pondent des horreurs informes sous la pression du toujours plus spectaculaire, où va-t-on…
